Facturation électronique et e-Reporting en France
La facturation électronique est devenue une réalité en France en 1990. Bien qu'elle se présente sous différentes formes, son mode d'utilisation le plus courant est celui l'EDI, accompagné de procédures additionnelles. Depuis 2020, les administrations publiques et l'ensemble des leurs fournisseurs sont tenus de facturer électroniquement. Cette obligation devrait être progressivement étendue à la sphère du B2B entre 2026 et 2027.
Caractéristiques de la facturation électronique en France
La France a été pionnière en matière de facturation électronique, dont la validité légale du document est reconnue depuis 1990. Traditionnellement, le support de factures électroniques le plus courant est celui de l'EDI, souvent accompagné de procédures additionnelles destinées à assurer la conformité réglementaire du processus de facturation.
Depuis 2020, la facturation électronique est obligatoire pour les administrations publiques et l'ensemble de leurs fournisseurs, marquant ainsi une étape importante vers la dématérialisation des processus fiscaux.
Nouveau modèle fiscal et nouvelles normes
La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) a annoncé un nouveau cadre normatif basé sur des évaluations approfondies menées auprès parties prenantes au profil varié. Ce nouveau modèle prévoit la mise de :
- La facturation électronique obligatoire entre les entreprises privées.
- La transmission de données relatives aux transactions auprès des autorités fiscales.
- La déclaration électronique de la TVA, garantissant ainsi une transparence totale et le respect des obligations fiscales.
Ce système modernisé est conçu afin d'améliorer l'efficacité du système actuel, de réduire la fraude fiscale et de fournir à l'administration française une vision en temps réel de l'activité économique.
Entreprises concernées
L'obligation de facturation électronique et e-Reporting s'applique à toutes les entreprises assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en France. Il s'agit d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, ce qui permet d'assurer la conformité de cette réforme avec les réglementations fiscales nationales et européennes.
Format de la facture
La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) a défini que toutes les factures électroniques, qu'elles soient de type B2G ou B2B doivent être émises dans l'un des formats suivants :
- UBL (Universal Business Language)
- CII (Cross-Industry Invoice)
- Factur-X (format PDF hybride combinant un lisible de la facture et ses données structurées).
Cette flexibilité permet d'assurer l'interopérabilité, tout en répondant aux exigences techniques du système de facturation électronique français.
Calendrier de mise en œuvre
Le gouvernement français a établi un calendrier échelonné pour l'adoption du nouveau système de facturation et de déclaration électronique, adapté à la taille des entreprises :
Septembre 2026 :
- Réception obligatoire des factures électroniques pour toutes les entreprises.
- Les grandes entreprises et les ETI seront tenues d'émettre des factures électroniques en France.
Septembre 2027 :
- Les PME et micro entreprises seront tenues d'émettre des factures électroniques en France.
Cette approche progressive assure une transition en douceur, permettant aux entreprises de différentes tailles de s'adapter efficacement aux nouvelles normes.
Projet pilote de facturation électronique
Le déploiement de la facturation électronique en France commencera par une phase pilote prévue pour 2026. Cette phase a pour but de tester le système dans des conditions réelles d'exploitation, d'identifier et de résoudre les éventuelles anomalies de la plateforme, et d'affiner le processus avant sa mise en œuvre complète.
Outre les ajustements techniques, la phase pilote favorisera la collaboration entre les principales parties prenantes, notamment le Portail Public de Facturation (PPF), les Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP), les entreprises utilisatrices et les éditeurs de solution. Cette approche collaborative permettra à l'administration française d'établir un cadre solide pour optimiser l'amélioration continue, assurant le succès à long terme du système.
Flux de facturation en France
Dans le cadre du nouveau modèle du système de facturation électronique, dit « schéma en Y », les entreprises génèrent des factures électroniques et des flux e-Reporting et les adressent aux Plateformes Agréées (PA/PDP) associées pour validation. Ces plateformes effectuent les vérifications nécessaires requises par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP). Une fois vérifiées, les factures sont envoyées aux destinataires, tandis que les PDP communiquent directement à la DGFiP les informations fiscales requises.
Le portail public de facturation (PPF) a subi d'importantes modifications, recentrant son champ d'application à deux objectifs principaux :
- Gestion de l'annuaire : identification des entreprises grâce à leurs numéros SIREN/SIRET et assurer l'interopérabilité entre les entreprises connectées par l'intermédiaire d'une PA.
- Consolidation de l'information pour l'administration fiscale : gestion des extractions de données de factures (flux 1) et e-Reporting.
Par conséquent, seul le circuit C reste en vigueur, tandis que les circuits A et B1/B2 sont exclus du cadre, du moins pendant les premières étapes de la mise en œuvre de la réforme.
Gestion du cycle de vie des factures
En France, le modèle de facturation électronique prévoit non seulement que les entreprises émettent des factures, mais aussi qu'elles génèrent des notifications, tout au long du cycle de vie de la transaction. Ces notifications assurent une traçabilité complète du processus, ce qui permet de détecter rapidement d'éventuels incidents.
Ce système est une évolution du processus actuel de gestion des factures électroniques B2G (dans le cadre de Chorus Pro), dans lequel les entités publiques concernées mettent régulièrement à jour le statut de leurs factures.
Statuts obligatoires du cycle de vie des factures
Dans un souci de cohérence et de transparence, la DGFiP a défini une série de statuts obligatoires destinés à retracer le cycle de vie nominal des factures électroniques :
- Déposée : La facture est envoyée à la plateforme.
- Rejetée : la facture ne répond pas aux normes techniques de la plateforme.
- Refusée : la facture est refusée par le destinataire.
- Encaissée : le paiement est confirmé par le fournisseur.
Ces statuts du cycle de vie constituent la base des mécanismes de traçabilité, garantissant ainsi la fluidité du traitement et le respect de la réglementation française en matière de facturation électronique.
Plateforme Agréée (PA/PDP)
Les Plateformes Agréées (PA/PDP) font l'objet d'une immatriculation officielle par la DGFiP afin de confier la gestion des flux e-Invoicing et e-Reporting à une quantité restreinte d'éditeurs répondant à un cahier des charges exigeant. Ces plateformes agissent en tant qu'intermédiaires afin de valider, transmettre et archiver les factures, en garantissant l'intégrité, la sécurité et la conformité des données.
Principales fonctions des PA
- Validation et conversion des factures : vérifier l'authenticité des factures et assurer la conformité avec les formats requis tels que Factur-X, UBL et CII.
- Transmission et réception : faciliter un échange transparent des factures entre les entreprises et assurer la transmission des données de factures au PPF.
- Archivage : archivage sécurisé et à long terme des factures, conformément à la législation en vigueur.
Conditions pour être immatriculé PA
- Respect strict des normes techniques, y compris de mesures de sécurité avancées (exemple : authentification forte).
- Prise en charge de divers formats de facturation au-delà de ceux du socle minimum.
- Immatriculation par la DGFiP (à l'issue d'un audit).
Chorus Pro
Chorus Pro est la plateforme concentratrice de gestion des factures électroniques échangées entre les entreprises et les administrations publiques. Elle simplifie les processus administratifs en permettant l'envoi, le traitement et l'archivage des factures de manière sécurisée et efficace.
La plateforme prend en charge des formats structurés tels que UBL, CII et Factur-X, ce qui garantit l'interopérabilité en France et en Europe. Les administrations publiques utilisent Chorus Pro pour recevoir et traiter les factures tout en assurant une stricte conformité de leurs flux avec les réglementations légales et fiscales.
Principales fonctionnalités de Chorus Pro :
- Centralisation des factures : une plateforme unique pour gérer les factures électroniques de manière sécurisée et efficace.
- Validation et vérification : des contrôles automatiques garantissent que les factures répondent à toutes les exigences réglementaires.
- Sécurité et confidentialité : des mécanismes robustes protègent les données sensibles tout au long du processus de facturation.
- Intégration du système : les méthodes API permettent une intégration transparente avec les SI.
Portail Public de Facturation - PPF
Le Portail Public de Facturation (PPF) centralisera les flux de facturation électronique en France. Bien qu'initialement conçu pour faciliter les transactions avec les administrations publiques, son champ d'application évolue pour accompagner la transition vers le nouveau système de facturation électronique B2B.
Actuellement, Chorus Pro permet d'envoyer des factures aux formats standards (UBL, CII, Factur-X) via EDI ou API, assurant ainsi la conformité avec la réglementation française.
Des ajustements récents de la DGFiP ont limité le rôle du PPF à des fonctions clés, telles que la tenue de l’annuaire et la gestion des flux e-Reporting. Ces changements visent à simplifier la mise en œuvre et à permettre d'optimiser les capacités de la plateforme.
Alors que la France se dirige vers une obligation globale de facturation électronique B2B, le PPF héritera de l'infrastructure robuste de Chorus Pro, garantissant la conformité, l'interopérabilité et l'efficacité.
Annuaire – Annuaire centralisé des entreprises
L'annuaire, géré par l'Agence pour l'Informatique Financière de l'Etat (AIFE), est un annuaire centralisé contenant les données d'identification des entreprises, y compris le numéro d'identification fiscale SIREN. Il assure l'interopérabilité et le bon acheminement des factures électroniques en France.
En se déclarant à l'Annuaire, les entreprises :
- Fournissent des données d'identification essentielles (par exemple SIREN, SIRET, codes de routage).
- Facilitent l'acheminement des factures et l'interopérabilité entre les parties concernées, y compris les plateformes de dématérialisation.
- Assurent le respect des obligations fiscales et légales liées au modèle de facturation électronique.
L'annuaire est la pierre angulaire du système de facturation électronique en France, favorisant une communication précise, transparente et efficace entre les entreprises.
L’e-Reporting : comment ça marche ?
L’ e-Reporting est un système de déclaration fiscale en France conçu pour déclarer les transactions qui ne sont pas couvertes par la facturation électronique. Il fournit des informations sur les transactions nationales et internationales B2C, les transactions internationales B2B et les données de paiement liées à certaines transactions spécifiques.
Le processus implique que les entreprises déclarent les données relatives aux transactions à une Plateforme Agréée (PA/PDP), qui valide les informations et les transmet au portail public de facturation (PPF) afin qu'elles soient ensuite soumises à la DGFiP.
Contrôle et suivi par l'administration fiscale
Le système assure une traçabilité complète à chaque étape de la transmission. Les statuts couverts sont les suivants :
- Reçu par la plateforme : la déclaration a été reçue.
- Accepté par la plateforme : la déclaration a été validée.
- Partiellement accepté : seule une partie des données a été intégrée.
- Rejeté : La transmission de données n'a pas été acceptée.
- Envoyé à l'administration : La déclaration a été transmise à la DGFiP.
L'e-Repoting garantit la transparence et la conformité, tout en permettant d'assurer un contrôle fiscal approfodi des entreprises.
Entreprises concernées et calendrier de mise en œuvre
Quelles sont les entreprises qui doivent se conformer au e-Reporting ?
L'obligation d'e-Reporting s'applique à :
- Toutes les entreprises effectuant des transactions internationales B2C et B2B.
- Les entreprises étrangères non établies en France qui effectuent des opérations soumises à la TVA en France, en s'assurant du respect de la réglementation fiscale française.
Ce système vis à déclarer les transaction qui n’intègrent pas le périmètre de l’obligation de facturation électronique B2B domestique, telles que les opérations et les paiements transfrontaliers, ce qui permet d'assurer un suivi complet de l'activité fiscale.
Calendrier de mise en œuvre
La mise en œuvre de l'e-Reporting est alignée sur le calendrier de la facturation électronique obligatoire en France :
- Septembre 2026 : Les grandes entreprises et les ETI sont tenues de déclarer leurs flux e-Reporting en même temps que la facturation électronique.
- Septembre 2027 : les PME et les micro-entreprises seront soumises à l'obligation.
Quelles sont les informations qui doivent être communiquées par le biais du système e-Reporting ?
Le système de l'e-Reporting nécessite de la part des entreprises qu'elles communiquent des données relatives aux transactions non couvertes par l'obligation de facturation électronique domestique, y compris les transactions internationales B2B et B2C.
Transactions internationales B2B
Pour les transactions internationales B2B, l'e-Reporting s'applique aux :
- Transactions impliquant des entités non établies en France.
- Transactions intracommunautaires, les exportations et les transactions internationales soumises à la TVA française.
Les données relatives à l'e-Reporting B2B international sont identiques à celles de l'obligation e-Invoicing B2B domestique, à l'exception de l'exclusion du numéro de TVA (SIREN) de l'entité étrangère. Les entreprises peuvent déclarer ces informations individuellement (par transaction) ou en agrégeant les données pour une période spécifique).
Transactions B2C
L'e-Reporting B2C comprend :
- Les ventes au détail et les ventes à distance à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE.
- La fourniture de biens ou de services à des personnes non assujetties, telles que les particuliers.
Comme pour les transactions B2B, les entreprises peuvent déclarer les données B2C individuellement ou via une déclaration agrégée. Les déclarations agrégées résument les transactions sur une période donnée et sont transmises au PPF.
Scénarios de déclaration des transactions B2C
La DGFiP a défini trois scénarios :
- Au travers d'un POS : envoi de résumés quotidiens (exemple : ticket Z).
- Via une déclaration de factures électroniques : transmission des données nécessaires en utilisant les mêmes canaux que pour la facturation électronique B2B.
- Déclaration agrégée sans détail : transmission des résumés hebdomadaires ou mensuels.
Ce cadre garantit que les transactions B2B et B2C sont déclarées de manière efficace, ce qui permet de se conformer à l'évolution de la réglementation fiscale française.
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